Quatre semaines après la reprise, j'ai déjà droit à un peu de vacances. On va pas s'étendre sur le fait que les facqueux sont des glandeurs, on le sait déjà, et puis de toute façon vous les bosseurs, vous vous en sortirez bien mieux dans la vie et puis c'est tout.
Juste, un petit débriefing de ce premier mois de cours, qui annonce la couleur de l'année.

J'ai un vrai emploi du temps de fac (c'est-à-dire de merde), avec des trous partout. - Enfin, c'est ce que j'ai pensé au premier examen. Mais depuis il y a eu des modifications dans tous les sens, donc bon, un peu moins de trous, mais toujours aussi inexploitables : une demie-heure par-ci, et une demie-heure par là, et une heure le jeudi matin de 9 à 10 (avec une bibliothèque qui n'ouvre qu'à 10h30...), et un fossé de 5 heures le vendredi, là je me paie le luxe de rentrer un peu chez moi.
J'ai 21.5h de cours dans la semaine. C'est pas si énorme. Généralement, je commence relativement tard dans la matinée, et je rentre chez moi vers 19h... complètement rincée et incapable de bosser. Pourquoi ? J'ai l'impression que je ne vais jamais m'en sortir... Mais quelle connerie de dire ça alors que je dois bien compter 5 élèves (ou ex-élèves) de prépa parmi mes lecteurs potentiels...

Pour ce qui est de la matière, tout était fort prometteur, et je n'ai pas trop de raisons d'être déçue. Sauf pour la civi espagnole où j'avais déjà du mal à accrocher l'an dernier, et la littérature britannique où je suis descendue vite fait de mon petit nuage : prof sans charisme, méthode à mon sens discutable, paraphrase constante... Et dire que le programme était si alléchant : Joseph Andrews de Fielding (une ironie, un cynisme aux petits oignons !) et Atonement de Ian McEwan (j'avais bien aimé l'adaptation de Joe Wright et je me réjouissais d'avoir l'occasion de le lire, mais je sens que je vais déchanter...).
Mes autres CM (Histoire Culturelle Irlandaise, Grammaire et Linguistique, Civi Britannique par l'étude de l'image, Mythe Arthurien en Anglais ; Grammaire et Lingui, Littérature du XVIII-XX° siècle, Théâtre en Espagnol) sont passionnants, mais un peu frustrants à la fois : trop de choses à noter, envie d'en demander plus, mais pas le temps...
A l'inverse, j'ai l'impression de ressortir des TD de traduction (version et thème anglais surtout ; et j'épargne la version espagnole, parce que ça va bien par rapport au reste) avec l'encéphalogramme d'une amibe. Comme par hasard, c'est toujours sur ce que je trouve le plus évident qu'on s'éternise, alors qu'on passe sans détails sur des points qui me semblaient intéressants à creuser... - J'ai l'impression d'être à contretemps de tout, tout le temps !C'est moi qui ai un défaut de fonctionnement, ou les choses ne tournent vraiment pas rond ?

Quant aux Gens, que dire... Les mêmes que l'an dernier. Le genre vers qui je n'ai pas envie d'aller (à une ou deux exceptions près), mais que je côtoie par instinct de survie. Je ne les connais pas, ou alors juste assez pour savoir que je n'ai pas envie de les connaitre davantage ; et je suppose que c'est réciproque. Ça me va. Il y a quelques nouvelles têtes venues de l'étranger : une Texane (Jackie) et deux Espagnols (Lucía et Héctor), et rien que le fait qu'ils soient étrangers me les rend sympathiques, malheureusement ils ne sont pas là tout le temps...
Chose étrange, ce mois-ci, des tas d' "anciens" de ma vie ont décidé de refaire surface. En deux semaines, j'ai revu une demi-douzaine de connaissances du lycée, ou d'avant : une amie de primaire que je ne vois pratiquement jamais (malgré le fait que nous habitions à 10 minutes l'une de l'autre, et que nous étudions maintenant dans le même quartier), une ex-Terminale ES, une ex-L qui est en Histoire à l'ICP, un ex-S qui n'a pas dû me calculer sur le quai du métro, et même mon "crush" de Première qui lui ne m'a pas loupée, alors qu'on n'avait pas échangé un mot depuis trois ans. A quoi tu joues, la Vie ? Paris est grand, pourtant... Pourquoi ils ressurgissent tous là, brusquement, alors que pas une fois je n'ai pensé à eux depuis le bac ?

Pour finir, il faut que je vous présente ma prof de théâtre, Carmen Giralt. Un sacré personnage. Quand je la croisais dans les couloirs l'an dernier, elle me faisait penser à une gentille sorcière. De taille moyenne, très mince, mais dégageant une impression de force. Les cheveux très noirs (bon, sans doute teints), vaguement ondulés, presque jusqu'aux hanches, souvent un bandeau ou un foulard autour du front et des lunettes noires perchées sur la tête. Le visage pâle, les traits doux, mais les lèvres bien dessinées au rouge vif. Seule touche de couleur, puisqu'elle s'habille toujours en noir et blanc, très élégamment. La voix rauque de quelqu'un qui fume trop, je dirais...
Aime rappeler que nous ne sommes que des animaux qui bouffent, chient et copulent. Et puis va nous faire chercher l'universel au fond de nous-mêmes, comme on extrait un minerai précieux. Une révélation. M'a libérée de mon complexe d'infrasociabilité quand elle a dit "Et si vous n'avez pas envie de parler, parlez pas !" (Faut remettre dans son contexte, je crois qu'elle venait de nous demander combien de rôles on jouait dans la vie de tous les jours, et qu'on en faisait toujours trop pour "faire comme tout le monde"... J'ai pas encore fini de réfléchir à tout ça.)
Nous parle de Don Juan (on va travailler El Burlador de Sevilla de Tirso de Molina) et de l'amour, dans un mélange de français et d'espagnol, très peu articulé. "Vous, quand vous êtes amoureux, c'est une maladie ! Vous ne mangez plus, vous ne dormez plus, vous ne travaillez plus..." Ah, ben de ce point de vue là, tout va bien pour moi, alors... Je passe mon temps à combler des "petits creux" qui n'existent pas et qui n'ont rien demandé. (Ecoeurant). Je somnole casi constamment (oui, bon, je fais plein de cauchemars, mais si j'en fais autant, c'est bien que je dors suffisamment pour les faire tous...). (Par contre, je reconnais que je n'ai pas réussi à me plonger dans le boulot pour la fac.)

Oh, et à ce propos, ça fait bien un mois que personne n'a mis le genou en terre pour moi, je commence à m'ennuyer.
Haha. >|

PS: Moui, une fois de plus, Cynisme n'était pas le bon titre. Pas grave, j'aime bien ce mot.