Bang
Par Amarelys le samedi, juillet 25 2009, 00:56 - Lien permanent
Improvisation sur fond de discussions msn
Je laisse ça ici, pour vous donner quelque chose à vous mettre sous la dent pendant cinq minutes...
Allons-y, on va partir en free-style total, c'est la fête ! Ceci est un billet déversoir que d'aucuns qualifieraient d'autocontemplatif, mais faites donc, faites donc, faut bien que je m'occupe un peu de moi sinon personne ne le ferait.
Qu'ai-je à raconter ce soir ?
Pas grand chose de bien palpitant, j'en ai peur... Dix jours en Normandie, neuf jours de temps de merde. J'ai redécouvert le plaisir de lire, en prenant tout son temps, sans se dire qu'il faut retenir le moindre détail parce que ça sera noté blablabla... Lecture oisive, certes, mais détente... J'ai lu Jane Eyre. Sur la fin, ça m'ennuyait, parce qu'ayant vu le film, et même, connaissant ce genre de littérature, on sait quelle sera la fin, et on en a un peu marre de ce faux suspense à deux balles, "va-t-elle retrouver l'homme qu'elle aime ? voudra-t-il toujours l'épouser ?" Les romans d'Austen, à la différence de Brontë, ont au moins l'avantage de l'ironie et du second degré. Je suis passée à Of Human Bondage, c'est un défi. A la base, c'était au programme du second semestre, mais je vous passe les détails, finalement non ; pourtant je me suis fixé l'objectif d'aller au bout, et croyez-moi, j'en bave. En résumé, c'est l'histoire d'un mec. Il nait, il est orphelin, handicapé, il grandit, il étudie, il voyage en Allemagne où il ne pige rien, en France où il s'essaie à la vie d'artiste, et rentre en Angleterre pour étudier la médecine, comme ça, parce qu'il a envie, il entretient une maitresse qui ne s'intéresse absolument pas à lui mais qui est bien contente de piocher dans son porte-monnaie, et voilà, j'en suis là, je vous préviendrai en cas de dénouement extraordinaire. Sinon, en "lecture légère", les Mauvaises Nouvelles de Sirkis (pas besoin d'épiloguer, je pense), et Ravages de Barjavel. Que du bien joyeux comme vous le constatez. Oui, mais quand c'est plus gai, c'est pas forcément mieux.
Je parlais de la Normandie... Dans mon manoir, j'avais une chambre sous les soupentes, et le vent venait me siffler des berceuses... Je pouvais aussi sortir par la fenêtre sur le toit et me la péter façon Juliette ou héroïne plus ou moins romantique... Au moins, j'étais tranquille et j'avais une belle vue, n'eût été la présence fort importune d'un poteau d'éclairage public. Oh, suffit de faire abstraction. Droit devant moi, à 9 miles nautiques, l'archipel de Chausey. Quand j'étais petite, souvent, nous y allions avec le voilier de mon grand-père. C'était la grande aventure de l'été. Séquence souvenir ? On se levait très tôt pour partir avec la marée, j'étais toujours malade en sortant de la baie d'ancrage, puis je guettais les dauphins qui devaient venir nager le long de la coque. Ou bien j'allais jouer les figures de proue, retenue au bastingage par un harnais, pour me prendre les embruns en pleine figure. On péchait des maquereaux qu'on faisait griller pour le déjeuner. En arrivant, on allait s'amarrer dans le Sound, parfois on descendait un peu à terre, ou on nageait autour du bateau. Puis on allait se coucher en écoutant les drisses claquer dans le vent.
Tout ce qui claque dans le souffle du vent, maintenant, c'est mes dents... Il fait frais... froid. Je ne trouve pas le sommeil. Pourtant, être là-bas a tendance à m'abrutir et m'endormir... Paradoxe...
Je m'étais dit que je m'occuperais de manière intelligente et productive. Je m'étais dit que j'écrirais. Mais rien ne vient. Des idées que j'ai eu il y a plusieurs mois, voire quelques années, me semblent maintenant totalement stupides, inintéressantes, et je ne sais même plus comment je voulais les développer. Je me trouve bien décevante...
J'ai vaguement des envies de me la jouer "poète", parfois... De parler des vents contraires qui m'emportent dans tous les sens, me baladent comme un fétu de paille, m'écartèlent et me font retomber en un petit tas informe au milieu de la masse grouillante. Il y a eu de l'orage aujourd'hui. Ça a éclaté comme ça d'un coup... Oh, on le voyait venir, dans le ciel bas et lourd, les nuages noirs et menaçants. Et puis le premier éclair a déchiré l'air oppressant. Ça doit être douloureux, un coup de foudre... Est-ce qu'on a l'impression que notre coeur se fend en deux ? Ou est-ce que c'est une poigne de fer qui l'écrase et en presse le sang comme on presse le jus d'un citron ? Peu importe, le résultat est toujours le même : dès que l'orage arrive, mon coeur oublie le sens du mot régulier. Il s'emballe et m'échappe. Il se débat dans sa cage. Il s'épuise inutilement.
Bon, ok, c'est déprime time les amis. Me demandez pas pourquoi, comment, je ne sais pas. C'est l'air ambiant. C'est le manque d'activité. C'est le manque de société. De société stimulante.
C'était de l'impro, de l'écriture automatique entre deux blancs dans les conversations, c'est expérimental. Il est presque deux heures du matin, je dois m'arrêter là. Je pars en Bretagne dans sept heures. Je laisse ça ici, pour vous donner quelque chose à vous mettre sous la dent pendant cinq minutes... A dans quinze jours.