Failles d'Al, Fond Tacite XIII

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 19 avril 2010

Relégable à vie - Formidable guimauve

Une compo restaurée, revisitée et enrichie des premiers travaux de Chialons Joyeusement. Une ballade parodique, très clichéïsante à la "slow", revisitant les thèmes de l'amour, du football et de la beauferie masculine. Rien de bien révolutionnaire, mais quelques procédés pas encore exploités de ma part : des harmonies vocales, des leaks à gogo, une "basse", du rythme ternaire, un middle eight. Je vous préviens encore une fois, c'est très très niais, et ça comprend des choeurs tarlouziques à souhait (le summum étant vers la troisième minute). Vous avez le droit de ne pas blairer les voix aiguës qui interviennent en nombre conséquent et de couper le bidule. Et si par miracle, ça vous plaît, merci beaucoup. D'autres compos plus burinées suivront.

mardi 13 avril 2010

Chronophagie - Virtual Bart, Super Nintendo

Bonjour, je suis Al. Vous m’avez peut-être déjà vu en 2009 au cours d’articles aussi brillants que la liste fictive des chansons de Chialons Joyeusement ou mon célèbre pamphlet sur la presse étudiante anglo-saxonne et son rapport au sexe oral et à la décence. Ce blog, je m’étais juré de l’entretenir, de lui rendre justice, et pourquoi pas d’en faire une référence de la blogosphère à sa façon. Or, comme (presque) vous tous, misérables feignants inconséquents, je l’ai laissé dépérir. Et le voilà, une année plus tard, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Vous l’avez vu ? Il ne ressemble à rien ! Son dernier article fait référence à un phénomène d’actu déjà aussi éventé que le Psychostar Show. Je ne ris même plus à mes propres vannes postées dans la colonne de droite. Plutôt problématique vu que j’en étais le seul client. Malgré cela, la chose continue à traîner sa carcasse bleuâtre dans les bas-fonds du domaine Watthan et je dois reconnaître qu’après que son existence eut littéralement disparu de mon esprit, ce blog m’a fait sacrément pitié quand je suis repassé dessus il y a quelques jours. Il ne mérite vraiment pas ça. J’ai passé quelques moments marrants l’année dernière à vous régaler de ma prose jargonneuse et triviale et je pense qu’on peut encore en vivre d’autres en 2010, si vous le voulez bien. D’ailleurs, je ne vous demande pas votre avis.

Ce qui m’a convaincu de réveiller ce grand cadavre à la renverse, c’est la frustration et la haine qu’a déclenché chez moi l’effroyable nullité du jeu vidéo Virtual Bart, sorti en 1994 sur Super Nintendo à la faveur du succès croissant des Simpson aux States. Vous me connaissez, je suis le premier à défendre la famille jaune et ses produits dérivés, de Hit And Run à The Simpsons Game ; mais il y a de cela seize ans, la licence était surtout un filon juteux incroyablement incontrôlé qui a accouché de cartouches navrantes, injures à l’industrie vidéoludique, produits bâclés rampant sur le sol et gémissant : « Père ! Donne-moi des bêta-testeurs ! ». Virtual Bart en fait partie. Et ce n’est pas parce que le jeu incriminé date d’il y a trois générations de consoles que je vais me gêner. Chaque jour, des fans naïfs de la série téléchargent la rom et sautent à pieds joints dans l’implacable piège à loup de la nostalgie, et ce n’est qu’avec les moignons sanguinolents de leur insouciance et de leur dignité qu’ils s’extirpent de ses mâchoires acérées. Ce jeu ne devrait pas exister. Après l’avoir lancé à l’instant t, il est l’équivalent d’un aphte sur la luette ou d’un furoncle sous la paupière : ce n’est qu’au bout d’un certain temps t+1 qu’on réalise sa putain de douleur. Et une fois qu’elle est là, la plaie béante passe par toutes les couleurs de la septicémie, ruinant votre santé mentale tout en distillant son ignoble pus de gameplay chiassard pendant une période tendant vers t+∞. Dr. Boussageon, vous n’avez pas la parole.

Virtual_Bart.jpg This is gonna suck.

Tout commence avec cinq coups de tambour puis la voix de teub d’Homer qui résonne dans le vide, préfigurant déjà la vacuité du soft. Pém peum pém peum pélélélélém ! Vi-Vi Wtua-tual ! Ba-Bawt ! Je reconnais que la résonance du talent de Dan Castellaneta dans le néant de ce jeu est assez désopilante et que ces cinq premières secondes de jeu me tuent à chaque fois. Ouais, il faut admettre que Virtual Bart était le premier jeu estampillé Simpson à inclure les voix encodées des doubleurs de la série. Tout au long de votre sinécure, vous avez donc le plaisir d’entendre des samples de voix provenant de la quantité incalculable de comédiens US ayant accepté de contribuer à ce jeu (deux en tout) : le doubleur d’Homer et la doubleuse de Bart (la scientologue). Le tout représenterait une avancée bien agréable si ce n’étaient pas les mêmes sons qui revenaient en permanence : les « HEEEEELP » luigiesques à répétition de Bart tapent sur le système quand on se fait enchaîner par le gameplay injuste du soft, et Homer se contente de sons-stock à l’image des autres personnages-figurants. Ne comptez pas sur les scènes cinématiques pour inclure des dialogues poussés. Si elles s’avèrent parfois marrantes, elles durent une demi-douzaine de secondes et il y a peu de chances que vous les voyez toutes étant donné la difficulté légendaire du jeu.

Enfin, faut voir le type de difficulté aussi… Z’allez voir. Rappelons le principe du jeu, qui sent déjà particulièrement le moisi : Bart Simpson se promène à la foire aux sciences de son école lorsqu’il aperçoit le projet du petit génie Martin Prince, une sorte de roue de l’infortune faisant office de simulateur de réalité virtuelle. Evidemment, notre héros saute sur l’occasion et se retrouve piégé à l’intérieur d’une matrice hostile dotée de six mini-jeux dont il devra triompher pour s’échapper. L’interface du jeu consiste donc à appuyer sur une touche au bon moment pour que la tête de Bart s’arrête devant une icône de jeu et en avant la musique. Les développeurs se sont même permis de rajouter une case bonus/malus capable de vous enlever une vie, donc une chance supplémentaire de finir le jeu. Car bien sûr, même si la technologie de sauvegarde est déjà maîtrisée depuis des lustres en 1994, c’est toujours plus rigolo et cache-misère de faire un jeu ultra-hardcore à finir d’une traite. Huhuhu. Il s’agit donc de boucler ces six aberrations, qui comprennent pour la plupart plusieurs niveaux, en une après-midi parfaite de geek vertueux, et ce avec un capital rachitique de trois vies. Vous trouvez que je chipote ? Tout d’abord, l’inventivité est aux abonnés absents puisque la moitié de ces « mini-jeux » sont en fait des phases de plate-forme. De MAUVAISE plate-forme. Cela nous laisse avec trois preuves approximatives de créativité qui ne rattrapent que dalle, d’ailleurs. Oh, et vous vous attendiez à une espèce de party-game, genre multijoueur ? C’est ça, et vous voulez une sociabilité aussi ? Non, c’est entre vous et la console, bien entendu. Wah, hé, l’autre, hé, il s’est pris pour un type équilibré. Nous arrivons au problème principal : Virtual Bart est un fantastique musée des plus infâmes topoï de ce qu’on appelle la difficulté artificielle dans un jeu vidéo. Checkpoints rarissimes, jouabilité inexistante, level design anarchique, effroyable gestion des collisions et surtout ennui monumental forment le pentagramme infernal de cette énormité, que je vais néanmoins décortiquer séquence par séquence dans les prochains paragraphes. Car, tel un apprenti nazi de l’expérience de Milgram, je termine ce que j’ai commencé. Sauf qu’ici, c’est moi qui m’inflige les décharges de 500 volts. Gtdeu. Krtfzkt.

Le premier mini-jeu nous place dans la peau d’un Bart changé en dinosaure chétif. L’objectif consiste simplement à finir les tableaux plate-formesques proposés tout en évitant les attaques répétées de la protohistorique famille Simpson et de ses collègues Cro-Magnon. Dans ce sidescroller famélique, tout et tout le monde essaie de vous tuer. Le dino-Bart encaisse autant de dégâts d’un moucheron que d’un massif tricératops à gueule de Burns. Pour vous défendre, vous ne disposez que d’une attaque de saut inefficace, compte tenu de la ridicule petitesse de vos bonds et la configuration générale de l’environnement, plus un mouvement tarlouzique de fouettage de queue qui devra être répété une dizaine de fois pour venir à bout du moindre ennemi. Nous sommes ici en présence du premier dinosaure de l’histoire des jeux vidéo, euh non, du premier dinosaure tout court, qui n’utilise ni ses crocs ni ses griffes. Nan, nan. Trop fun. Trop pratique. Tout au long de cette interminable séquence, le joueur est victime d’un formidable gang-bang ludonumérique de la part de chaque élément programmé pour l’empêcher de s’amuser. La trajectoire des flèches de Lisa SE CORRIGE EN COURS DE VOL pour vous toucher, CE QUI N’A AUCUN SENS EN TERMES DE PHYSIQUE, un ennemi létal inévitable prend TOUTE LA PLACE D’UNE MINUSCULE PLATE-FORME AU-DESSUS D’UN PRECIPICE, des rochers IMPOSSIBLES A ESQUIVER TOMBENT DE NULLE PART A L’ INFINI ALORS QUE VOUS EFFECTUEZ L’ASCENSION AU MOYEN DE SAUTS RIGIDISSIMES D’UNE FALAISE AUX PROMONTOIRES QUI S’ECROULENT, et bien entendu LA CHUTE DE TROP HAUT SUR LA TERRE FERME VOUS TUE QUAND MÊME, tout ceci dans un TEMPS LIMITE ingérable vous poussant à la faute. Et puis… Comment définir cette maniabilité ? Compsognathus ou Allosaurus, Bart doit surtout avoir une putain de lance préhistorique enfoncée dans l’Anus qui l’empêche de se rendre correctement d’un point A à un point B. Chaque saut est à la grâce de Dieu. Merde, c’est si compliqué que ça de programmer un système physique fluide et un minimum tolérant à la Mario ou Sonic ? Pourquoi autant de développeurs dans l’Histoire ont été infichus de rendre simplement leur jeu de plate-forme jouable ? ET PUTAIN DE BORDEL DE MERDE QUE C’EST ATROCEMENT LONG §§§ Je n’ai aucune idée de comment j’ai réussi à finir ça. Peut-être en sauvegardant ma position tous les deux mètres avec le logiciel d’émulation. Ouais, peut-être. La ferme.

Marge.JPG C'est ça Bart, tue ta famille ! Tue ! Tue !

Le deuxième mini-jeu est souvent considéré comme le meilleur de Virtual Bart. Ne rêvez pas, c’est toujours du niveau d’un sous-Titeuf de Game Boy Color mais c’est en effet la seule phase où j’ai ressenti quelque chose qui s’approchait du fun. Justement, ce n’est pas une pourriture de niveau de plate-forme mais un jeu de tir. C’est le jour de la photo de classe à l’école ; hors de question que quiconque soit présentable sur le cliché final. Il va donc s’agir, en un temps limité, de pourrir la totalité des élèves de l’école. Loupez un seul gosse et c’est l’élimination. Ouais mon gars. Planqué derrière un buisson de l’autre côté du tableau, vous devez donc balancer des tomates, puis des œufs sur le coin de la tronche de vos camarades en prenant bien le soin de ne toucher aucune figure d’autorité. Attends, quoi ? Toucher un putain d’adulte vous élimine du mini-jeu, même ce loqueteux de Willie le Jardinier ? Dans la série, Bart n’a aucune hésitation à user des pires farces pour humilier les profs, et là, il se chie dessus à l’idée qu’une éclaboussure de produit alimentaire tache le costard de Skinner, dans un monde virtuel qui plus est ? Quelle sorte de garnement trouillard est ce gosse, Matthieu Ajax ? Bref. Le système de tir consiste à évaluer la longueur du jet en appuyant au bon moment, et pourquoi pas, à presser la touche gauche ou droite en espérant atteindre le visage d’un compère excentré. Il reste donc une certaine part d’approximation dans le gameplay, qu’on pourra qualifier de glorieuse incertitude du sport, mais qui rend tout de même les choses sacrément corsées lors de la seconde phase, où les élèves prennent subitement conscience qu’il existe une deuxième dimension et qu’il est possible de marcher en diagonale. Ca ne les empêche pas de faire des allers-retours mécaniques de part et d’autre de leur cour de récréation comme le font tous les enfants de leur âge. Je suppose. Le tout demande une bonne dose d’anticipation et de persévérance, mais dégommer du CPU reste jubilatoire.

Flanders.JPG Les enfants Flanders ne sont pas censés étudier à l'école de Springfield, mais au diable la continuité quand on a l'opportunité de leur mettre une bonne branlée.

Passons au troisième mini-jeu : Bébé Bart. Oh qu’il est immonde celui-là. Oh que je le hais. Ce putain de jeu n’est qu’une sombre merde fumante, un phénoménal doigt d’honneur adressé aux acheteurs de la cartouche. Dans cette infamie, vous incarnez Bart à environ douze mois, qui entend soudain la musique du camion de glaces et se précipite pour avoir sa ration. De tableau en tableau, le level design devient de plus en plus injuste et impardonnable, rendant la victoire rigoureusement impossible si vous ne jouez pas sur émulateur. Vraiment. Vous savez, tout ce que j’ai dit sur la phase plate-formesque de Bart en dinosaure ? Et bien, celle-ci est Crash Bandicoot 3 à côté de l’horreur de Bébé Bart. Ce morveux est incapable de se mouvoir de manière normale. Ses sauts font dix mètres de hauteur mais cinq centimètres de largeur. Pour compenser l’impraticabilité de ce système, il est possible de planer avec sa couche pendant une demi-seconde. Evidemment, il ne fallait surtout pas avoir, genre, une seconde, histoire de rendre le truc... Euh… Comment dit-on déjà… Accessible. Non. Si vous jouez en trichant correctement, vous aboutissez à une étape sur des fils à linge où vous pouvez vous déplacer sur trois niveaux, et vous devez alors éviter une somme incalculable de dangers et d’ennemis : avions en papier, écureuils, chats pouilleux… Un calvaire. Mais ce qui vous rendra malade, ce sont les frisbees supersoniques, jouissant des mêmes étranges lois de la physique que les flèches de Lisa susmentionnées, qui peuvent vous exploser sur les trois niveaux. Et vos pires ennemis seront… LES VÊTEMENTS SUSPENDUS, qui vous TUENT IMMEDIATEMENT. Effleurez un T-shirt et vous êtes MORT. Une connerie de T-shirt. Evidemment, les ennemis viennent de toutes les directions. Et bien sûr, ils sont souvent trop petits pour pouvoir être touchés avec cette tétine à la con qui tire tout droit. Il existe bien une possibilité de tirer en diagonale mais elle est strictement inefficace dans cette situation. C’est un poncif traditionnel des vieux jeux de merde : vous noyer sous une vague d’ennemis plus petits que vous, impossibles à éliminer puisque vous êtes incapable de vous baisser. ARGNNN MAIS PUTAIN DE MERDE C’EST TELLEMENT FACILE ET DEGUEULASSE DE PROGRAMMER DES PERVERSITES PAREILLES, POURQUOI TANT DE HAINE ? POURQUOI ON ENCAISSE LE DOUBLE DE DEGÂTS DANS CETTE SEQUENCE PRECISE ? ET POURQUOI LE JEU A SOUDAIN CRU BON DE METTRE EN PLACE UN SCROLLING AUTOMATIQUE QUI FAIT QUE VOUS DEVEZ AUSSI VOUS BATTRE CONTRE L’ECRAN LUI-MÊME, QUI SE REGALE A VOUS FAIRE FONCER DANS DES RANGEES IMPLACABLES DE T-SHIRTS MORTELS ? AAAAAAAAAAHHH !!! J’ai fini, j’ai fini. La section suivante, la section suivante. Vite torchée, en grugeant. Après, après. Je dois sauter d’otarie en otarie ( !?!§) pour parvenir au bout du niveau. Bien entendu, elles apparaissent et disparaissent derrière la palissade, ne me laissant aucun droit à l’erreur. MAIS POURQUOI LEURS MOUVEMENTS SONT SI IRREGULIERS ET IMPOSSIBLES A ANTICIPER ? EN FAIT, POURQUOI LEURS MOUVEMENTS SONT PUREMENT ALEATOIRES ? POURQUOI TOUT SE JOUE AU GOOGOLIEME DE SECONDE ? POURQUOI IL Y A GENRE 15 OTARIES DEVANT MA MAISON ? Et maintenant je suis dans un chapiteau à la con. Et je suis aphone. Et… Et… Pourquoi les jongleurs cherchent-ils à me tuer ? Bordel de pus, ça n’a aucun sens ! « OH NON, UN NOURRISSON EST ENTRE DANS NOTRE CIRQUE ! TUEZ-LE §§§ IL NE DOIT PAS VIVRE §§§ » Et c’est pas comme si c’était diversifié ! Les mêmes modèles se répètent ! Poteau, trapèze, trapèze, trapèze, trampoline, poteau, trapèze, trapèze… Ayez pitié ! Je dois sauter dans le vide pour continuer et deviner où se trouve une hypothétique plate-forme. Tous les employés de ce cirque infernal veulent me voir mort. Ils n’auront de paix que lorsqu’ils verront un foutu cadavre de bébé gésir au milieu de la piste. Je n’en peux plus. J’ai envie de gerber. J’ai mal au crâne. Mais j’en ai terminé. Je vais prendre l’air. Et tâcher, peut-être, de voir quelqu’un.

Damn.JPG Tous les objets présents sur cette image tuent en un coup. Oui, même la robe rose.

Pfffou. Allez, quatrième monstruosité. Nous voici au Mont Splashmore, le parc aquatique de Springfield, à l’intérieur du toboggan zig-zag le plus long et le plus dangereux de tous les temps. Le but est simplement de survivre à ce maelström longuet et anarchique. Vous devez donc esquiver les autres usagers du toboggan, chiens, périscopes et autres requins (tu parles d’un service d’entretien), et collecter des chronomètres pour ne pas vous faire pwner par le temps imparti, comme d’habitude. Les commandes se résument donc aux touches directionnelles gauche et droite. Ce n’est pas plus recherché que ça. Les principaux dangers sont les bifurcations du tube, qui apparaissent de manière récurrente avec un décalage frustrant, vous laissant une fraction de seconde pour lever les yeux en direction du radar, y déchiffrer la bonne direction et enfoncer précipitamment la touche correspondante. Si vous échouez, vous ferez connaissance avec le cul d’Homer, qui ne sera bon qu’à vous retarder, ou vous décèderez de manière absurde en vous payant un mur ou en atterrissant dans la gueule d’un lion. Ouais, je sais, comme d’habitude, ça n’a aucun sens. Ca n’a aucun sens et c’est même pas amusant. A vrai dire, ça n’a pas vraiment d’intérêt. C’est pas comme si c’était gratifiant… Enfin, je ne sais pas vraiment comment vous exprimer le vide ludique que représente cette séquence… C’est comme les stages spéciaux de Sonic 2, en incroyablement chiant. En plus, à cause de ces fourches fatales, il est préférable de bourriner Pause en permanence durant toute la descente pour éviter d’être surpris par l’affichage tardif du décor. Ici, la difficulté artificielle est purement créée par les capacités techniques lamentables du jeu. Remarquable inventivité dans la médiocrité. Vraiment, on pourrait écrire un livre sur les lacunes de Virtual Bart. En tous cas, plus de cinq pages Word d’après ce que je vois.

Cul_Homer.JPG Un total de six culs d'Homer s'affairent à boucher les issues de ce toboggan tentaculaire.

Le cinquième bidule exploite un univers post-apocalyptique (« TU NE TROUVES PAS CA FOLLEMENT AMUSANT § »), où le rejeton Simpson doit rejoindre Evergreen Terrace dans une Springfield dévastée par une catastrophe nucléaire, et ce en moto je vous prie. Le problème, c’est qu’il y a 10 miles à parcourir et que les racailles Jimbo et Kearney veulent aussi vous faire manger les pissenlits irradiés par la racine. Encore une fois, vous combattez à armes inégales. Pour vous défendre, vous disposez de vos petits pieds pour cogner latéralement et de bombes à eau de brave type que même Uncle Ben’s trouverait trop pacifiques. Face à cela, Jimbo Jones vous balance de véritables bombes, par contre, et ce fumier de Kearney vous latte le visage à coups de chaîne de vélo. Sérieusement, je n’exagère pas, cette charogne envoie des bons gros coups et il vise la face. Merde, toute cette violence… Et même Otto, le chauffeur de bus, se met à déconner complètement : il peut vous écraser et pomper la moitié de votre vie. Ah, et, les cailloux sur la route ça tue aussi. Et y’a encore du temps limite. Si vous choisissez de dégommer vos ennemis par derrière, vous avez intérêt à viser comme un archer elfique pour vous en débarrasser, car vous ne pouvez tirer que droit devant vous. Et magnez-vous, le temps tourne. Au fait, il est impossible de se débarrasser de cette sangsue de Kearney sans prendre des dégâts. Evidemment, une jambe d’enfant de dix ans, ça a un rayon d’action moindre qu’une longue chaîne métallique. Je vous vois lever le sourcil, mais parfois, il y a une vraie logique derrière les coups de pute de Virtual Bart. Fascinant, vraiment… ARGN PUTAIN D’ENCULE DE KEARNEY DE MERDE ! Je suis parti pour recommencer depuis le déb… QUOI ? ON A QU’UNE SEULE CHANCE ? ARGNNN §§ Encore une fois, on prend cher. C’est la course parfaite ou c’est le Game Over. En même temps, une fois que c’est terminé, on n’a plus à en entendre parler… Alors on serre les dents et on va s’entraîner au mode Practice que les petits gars d’Acclaim ont tout de même eu la décence d’inclure dans leur chef-d’œuvre. C’est avec une certaine émotion qu’on termine le dernier mini-jeu un tant soit peu « original » de Virtual Bart, avant de connaître le cauchemar final…

Foutu_Kearney.JPG Virtual Bart a le mérite de nous en apprendre sur la sexualité de Kearney. Mauvaise oreille.

... La sixième et dernière plaie. Et en guise d’adieu, un troisième service de plate-forme mal foutue. Ici, vous n’exagérerez plus en disant que ce jeu vous prend pour un jambon : c’est précisément ce que vous devez éviter de devenir dans « Pig ». Bart est donc un cochon… Jaune, qui a pour mission de délivrer ses comparses, capturés par une compagnie agroalimentaire et sur le point de finir en bacon. Ici, on a plus à faire à un puzzle game, dans la première partie du niveau en tous cas. Le saut conventionnel de notre cochon qui s’en dédit n’a aucun intérêt : il est terriblement court et minuscule. Le niveau entier doit être franchi en rebondissant sur sa queue tire-bouchonnée, car on bénéficie ainsi d’un super-saut bien plus efficace. Les mouvements normaux ne servent donc strictement à rien. Mais bon, ceci n’est pas le problème principal. Il y a des bugs de collision énormes qui relèvent d’une étape de vérification du jeu qui n’a pas été effectuée. Je saute vers une plate-forme, bien sous tous rapports, et je PASSE LITTERALEMENT A TRAVERS. Si vous n’atterrissez pas au centre exact du promontoire, vous chuterez et terminerez votre course dans un chaudron géant ou une cuve d’azote liquide. C’est INTOLERABLE. Et puis, merde, qu’est-ce que je dois faire ? Je dois sauver tous les frères raloufs, oui, mais… Il faut des clés ? De différentes couleurs ? Comment je trouve ces clés ? En actionnant des leviers ? De différentes couleurs ? Où apparaissent les clés ? N’importe où, quelque part dans le niveau ? Combien de saloperies de clés je dois prendre avant de me tirer d’ici ? Où je vais ? Combien y’a de portes dans ce niveau ? Une quinzaine ? Oh, voilà la clé bleue, vite, dirig… Pourquoi ce porc refuse d’avancer ? Pourquoi il convulse sur le sol ? Le… Le… LE TEMPS LIMITE ? AAAAAARRHH §§ JE NE SAIS PLUS OU JE DOIS ALLER § TOUT SE RESSEMBLE § QUELLE EST LA BONNE PORTE § IL ME FAUT LE FORMULAIRE ROSE AU GUICHET C-90 § MOI JE COMMENCE A EN AVOIR MARRE AVEC VOTRE PORC § MAIS JE NE VEUX PAS DE TA PUTAIN DE VIE SUPPLEMENTAIRE, JE VEUX SORTIR D’ICI § NAN, J’AI DEJA VU CETTE PIECE CINQUANTE-SEIZE FOIS § AAAAAAAH NON LA PUTAIN DE MACHINE A FAIRE DU JAMBON § RIEN N’EST REEL § LE JEU § IL DEVELOPPE UN LIBRE ARBITRE § ILS ONT TOUT PREVU § ILS ECOUTENT MON CERVEAU § ILS VONT VENIR ME CHERCHER, ILS VONT VENIR ME CHERCHER § HEUHEUHAHAHAHAHAHAHAHAAAAAAAAA HERE IS TO YOOOOUU NICOLAS AND BART §§§ HAHAHAHAHAHAHAHA §§§§§

Cochon.JPG On se sent utile lorsqu'on voit se suicider les cochons libérés quelques secondes plus tôt.

Xanax.

Pfffou. J’ajoute une nouvelle tricherie à mon dossier. Je vais posément chercher un guide sur Internet pour enfin savoir où aller dans ce niveau labyrinthique. Ca y est. Il me reste encore deux niveaux de plate-forme injouables et gerbasses comme à l’accoutumée, mais je me sens comme anesthésié. J’ai fini. Le boss final, du gâteau. Et ces stupides cochons me portent en triomphe. J’ai fini Virtual Bart. Je veux ma putain de médaille. J’attends.

http://www.youtube.com/watch?v=fJX0KSQ-YZ8&feature=related

Okay. Hum. C’était l’intégralité de la scène finale de Virtual Bart. Le pire, c’est que je savais depuis la compil’ de Godot des Lame Video Game Endings que cette abomination se terminait aussi merdiquement. Mais, mon Dieu, à quoi ils pensaient ?! Ce jeu est d’un minable achevé. Pas un mini-jeu pour rattraper l’autre. Seuls les graphismes chatoyants font relativement honneur à la série. Et encore, je décèle de vrais foutages de gueule dans certaines animations (les explosions, urgl). L’humour emblématique des Simpson est quasi-absent. La bande-son ? Imbuvable. Elle oscille du niais insipide à l’inacceptable. J’en peux plus d’entendre Nancy Cartwright et ses « All rrhhrhright » sans conviction. Pauvre débile de scientologue, que Xenu fasse pleuvoir sur toi tous les thétans de la Création jusqu’à la révélation finale. Au moment où j’ai démarré ce soft, j’ai plongé dans un univers abscons et poisseux de misère technico-ludique. J’en suis ressorti lessivé et avili. Sérieusement, j’ai fait le guignol pour vous faire rigoler pendant toute la durée de ce test, mais qu’est-ce que je fous devant cet écran à jouer à cet étron alors que je pourrais m’engager chez Amnesty International ou Action Contre La Faim ? C’est indécent. Je me sens sale. Dois laver peau du jeu de merde. Dois laver peau du jeu de merde. Arrh. Et n’allez pas dire que je m’acharne contre une pauvre relique des années 90. Que les nostalgiques soient lucides, c’est la vérité toute nue : ils ont intégralement gâché leur jeunesse à tenter de venir à bout de ce machin. C’est une mission d’utilité publique que j’ai remplie là. Car ce n’est pas parce qu’un jeu vidéo est mort et enterré qu’il n’est pas un devoir de cracher sur sa tombe.

Rrrroiiirk tchuf. Snnnrlf. Je suis Al. A bientôt les amis.

samedi 21 novembre 2009

Et si j'avais joué le 18 à Saint-Denis...

Je surfe sur le délire de la main de Titi Henry avant qu'il ne devienne complètement has-been. Je sais pas, tout d'un coup, j'ai été inspiré. Et j'ai décidé d'écrire une chanson engagée : non, nous ne pouvons pas dire aux footballeurs ce qu'ils auraient dû faire. Tout simplement parce que nous n'avons jamais affronté ces situations. Passons sur la main de Henry, pensez à ces pauvres Valenciennois corrompus par Bernard Tapie lors de l'affaire VA-OM, vous auriez fait quoi devant un joli tas de billets comme ça, hein ? Et Zizou, qu'on blâme tant, ça vous aurait plu qu'un abruti de Rital insulte votre famille en finale de Coupe Du Monde ? Oh, bien sûr, on peut toujours prétendre qu'on aurait agi correctement ou rationnellement, mais ça ne vaut absolument rien comme avis... Dans le cadre de notre semaine sur le Devoir De Mémoire des Grands Ratés du Football Professionnel, je vous présente cette cover très libre de Né en 17 à Leidenstadt de Jean-Jacques Goldman, grattouillée sans médiator à deux heures du matin pour ne pas faire du bruit. A cette heure, on se surprend à repousser les frontières de l'Affiche. Mon Dieu.

mercredi 4 novembre 2009

Pee-pee Magazine

Hm, oui ? Ahem, ouais, je suis content d’être ici, mais y’a quand même deux ou trois trucs qui m’échappent. Par exemple, le magazine étudiant officiel de l’UCL, le « Pi Newspaper ». Vous voyez le genre ? Une véritable institution là-bas… Vous savez, en Angleterre, chaque objet ou tradition que vous pouvez rencontrer au quotidien trouve forcément son origine des millénaires avant. Ca ne loupe pas avec ce magazine, dont le premier numéro fut édité en 1947. Plutôt respectable. Une version papier, plutôt sérieuse et renommée, vraiment la classe, qui interviewe Desmond Tutu, et tout et tout… (Et là j’arrive à être super-lourd !)… Et puis une version magazine, revue quoi, plus cool. Je chope un exemplaire du mag dans un présentoir. Y’a pas à dire, le packaging du produit est superbe. Papier glacé, couleurs bariolées et maquette inventive. Ca se voit, ils ont les crédits pour imprimer tout ça et en distribuer par tonnes dans les locaux de l’Union. On se demande parfois où ils le trouvent, ce fric. Quand je pense qu’à Sciences Po, le seul magazine étudiant notable doit se contenter d’une version PDF et de feuillets agrafés distribués à la volée dans la Péniche, y’a pas photo.

J’ouvre et je parcours négligemment les pages, m’arrêtant à quelques articles assez impressionnants (la mésaventure d’un étudiant de l’école qui fut capturé par le Hezbollah), analytiques (la question de la représentation de toutes les classes sociales dans les études supérieures) et conceptuels (quelques vagues réflexions sur la société de l’image, la téléréalité toussa toussa), puis à partir de la page 7 environ, l’actualité proprement dite disparaît pour faire place à la culture, mais surtout aux témoignages plus ou moins dispensables des étudiants.

En fait, on entre dans la partie « djeun’z branché » du magazine, avec toutes les réjouissances mais aussi les conneries abyssales que ça peut impliquer. Une page est dédiée aux expériences des « Freshers » (première année) de l’UCL : « The first time I tried… ». Quatre articles. L’une raconte ses turpitudes londoniennes avec le système de bus, l’autre parle de son expérience à la journée des associations, une troisième nous explique qu’elle a appris à jongler. Que des filles, me direz-vous ? Non, y’a un mec aussi. En bas de la page. Qui tient absolument à nous faire part de son incroyable aventure : « The first time I tried getting a blowjob on Tottenham Court Road ».

J’ai peur de comprendre, je lis attentivement et oui, oui, y’a bien un type, un jeune chien fou de première année qui n’a pas pu s’empêcher de raconter dans un magazine étudiant lu par des milliers d’élèves, de professeurs, d’anciens, d’inconnus comment il s’est fait sucer la bite par une inconnue dès son arrivée à Londres. L’heureux garçon se nomme Greggory Gabet-Leapee et il pose même pour une superbe photo en médaillon le montrant le regard vitreux, au bord de l’orgasme si on peut dire, une masse de cheveux devant son entrejambe dans une reconstitution fidèle de l’évènement. Le tout a l’air bien véridique. Récit d’une soirée.

« People said I would make friends fast at university, but I didn’t realise quite how fast (…) I found myself in conversation with a very friendly lacrosse girl (…) she seemed to appear everywhere I went. (…) She suggested we walked home (…) It seemed, however, protection was not what she was looking for. After passing Goodge Street station she became quite sure she wanted to inspect the row of up right artistic boards that decorate the square behind Café Nero. As I attempted to point out the interesting patterns on display she lunged for my belt stripping me down with remarkable speed. Before we could discuss her tactics she had begun her selfless task, so I thought it best to let her finish – which she did with remarkable speed considering the cold.” Ouais, ouais, c’est bien ça. A la neuvième page d’un magazine étudiant à tirage de masse, on raconte dans les moindres détails et avec fierté comment on a réussi à obtenir une turlutte en un temps record. S’ensuit même la petite phrase de conclusion, que je trouve plutôt d’une misogynie profonde mais que je vous laisse interpréter comme vous voulez : « It was all if she’d done it all before… maybe she was a second year ».

Je me sens un peu triste pour ce type. Je lui souhaite sincèrement d’avoir foutu un faux nom – « Gabet-Leapee » n’a pas l’air très commun au Royaume-Uni – parce que lorsqu’on est un jeune fresher britannique qui ne se sent plus pisser parce qu’on n’a plus les parents sur le dos et qu’on veut faire de sa première année une formidable orgie, on peut publier des trucs qu’on peut regretter amèrement après. Et puis de toute manière, il reste une photo débile à côté de l’article, histoire qu’on y assimile bien un visage quoi… Bon, vous allez me dire que pour un gauchiste admirateur de Mai 68 comme moi, c’est mal venu de s’offusquer de cette simple conséquence des actions jointes de libération sexuelle et de liberté de parole des années 60. Loin de moi l’idée d’être réac.

L’édito du magazine en parle assez crânement d’ailleurs : “If you’ve ever been captured by terrorists, danced through Oxford Street in your pants or gotten a blowjob on Tottenham Court Road, then Pi can deem you as truly experimental (…) If you don’t think this sounds fun then you could a) suggest funner things, or b) go back to your obviously much more crazy life, and use this magazine as toilet paper”. Les histories de cul du premier couillon, bonne matière à faire des articles ça. On peut toujours blâmer le côté kikoo-alcool du titre du magazine étudiant « souterrain » de Sciences Po (In Vodka Veritas), mais mon Dieu, qu’est-ce que c’est plus fin que ça quand même. Y’a deux-trois sous-entendus trash, un peu de déconne, mais au moins, y’a une vraie réflexion, et finalement un vrai débat sur l’école elle-même, et bien poil à gratter pour le coup (magouilles de l’administration, réformes assassines, etc…). Dans ce que j’ai lu là, que dalle.

Mais bon, on nous parle des conséquences soi-disant gravissimes des photos Facebook, mais qu’est-ce que ce mec va bien pouvoir dire si, sept ans plus tard, dans un entretien d’embauche, un employeur lui montre le vieil article racorni du Pi Magazine n° 677 et lui demande si c’est pas lui le gars au regard bovin à côté ? « You got a blowjob, but you won’t get this job! » Ahah. Ou mieux, encore, imaginons qu’il démarre une carrière politique, qu’il se démerde bien et qu’au moment où il se présente aux primaires de son parti, un Yann Barthès anglais brandisse l’article débilos pondu par le gamin trop vite entré dans l’âge adulte ?

Vous en connaissez un, vous, de chef d’Etat qui a dû rendre compte publiquement d’une fellatio… Hm ? Ah ? … Ah oui, celui-là !

...

Certes, certes.

lundi 21 septembre 2009

A Matignon, chaque Premier Ministre plante son arbre...

Un chêne

Chevelu

Erf.

J'ai riz.

jeudi 2 juillet 2009

Glandons Joyeusement : Michael Jackson's Moonwalker

Bonsoir les amis. Ce blog n’a pas été mis à jour depuis un mois, et, venant d’un gonze qui avait fait la métaphore d’un enfant dans son premier article, c’est plutôt mal venu d’infliger à ce site un sevrage aussi long. Voilà maintenant presque une semaine que le Roi de la Pop est passé de vie à trépas, et histoire de relancer un peu l’intérêt trippesque de ce blog, j’ai décidé de vous présenter l’oldie par excellence : Michael Jackson’s Moonwalker.

A l’origine de ce truc, il y a le film Moonwalker, un blockbuster musical sorti en 1988 faisant la part belle à Bambi, offrant des clips pêchus, mais aussi et surtout un scénario complètement risible, tellement beau dans sa ringardise qu’il ne peut émerger que du plus naïf des premiers degrés. En gros, Michael doit affronter un gros mafieux bien poisseux, nommé Mr. Big, qui cherche à étendre son marché de la drogue aux enfants, à grands renforts de kidnappings et de tarentules (!). D’après les résumés et les quelques vidéos sur Internet, l’œuvre offre d’intenses moments de cinéma comme la transformation de Michael Jackson en voiture ou en robot géant. Hee² !

Du film fut tiré le jeu que je vais vous présenter. Sorti en 1990 dans les salles d’arcade, sur ordinateur et sur les consoles Sega, MJM a tout de même fait un carton auprès des fans de l’homme de Nerverland, puis a vite fait l’objet d’un culte qui commence à refaire surface depuis son décès. Alors évidemment, c’est facile de se moquer d’un jeu qui a le même âge que moi, des centaines de personnes l’ont déjà fait avant moi puis j’ai sûrement chopé deux ou trois saloperies en allant chercher la rom de ce bidule dans les tréfonds du Warp. Mais peu importe, le fait est que là, nous sommes le 2 juillet, et bien que chaque année je me jure que mes prochaines grandes vacances empesteront la yes-liferie et la vie d’adulte accompli, je reviens toujours à la case branleur. Ca doit être vrai ce que les filles genre Talotte disent, on peut pas changer les gens. Mais je vous vois excités comme des puces, démarrons cette antiquité sur le champ. J’ai choisi la version Megadrive. Elle est pas mal… J’pense.

Un son THX-MIDI (« Prrreeuuuuïïïng ») nous accueille à l’écran-titre de Moonwalker. En réalité, les vingt premières secondes du jeu puent vraiment la classe. Sans déconner. On arrive au menu principal et on s’aperçoit, ô grande surprise, que l’on peut jouer à deux au jeu. L’ennui, c’est que personne dans votre entourage n’est arrivé à votre état de délabrement pour s’éclater sur cette rom avec vous. Vous sélectionnez donc le mode un joueur, et une brève animation nous montre une voiture volante se métamorphoser en Michael Jackson. Notre héros jaillit dans un club mal famé et, d’une pichenette classieuse accompagnée d’un « Cliiiiiing », éjecte une pièce dans le jukebox, qui se met à jouer une version 8-Bit de Smooth Criminal. Ca y est, vous pouvez éteindre le bazar, c’était le meilleur instant du jeu. Si, si, un des moments les plus mémorables de l’histoire du jeu vidéo vient de se dérouler devant vos yeux. Le reste est superflu, mais on va le faire quand même puisque nous sommes jusqu’au-boutistes.

On passe du mythique au glauque : l’objectif de Michael dans chaque niveau est de récupérer une quantité donnée d’enfants éplorés, dissimulés dans des cavernes, des poubelles ou encore derrière des pierres tombales. Il suffit de toucher les morveux pour qu’ils poussent un « Michael ! » joyeux, et ils sont sauvés. Un principe qui laisse songeur. Comme je l’ai lu sur un autre site, la vanne est facile : « Dérangeant : Mario collectionnait les pièces, Michael collectionne les enfants ».

Enfant_contente.jpg Vous savez c’est quoi le plus glauque ? Les enfants redonnent de la vie.

Evidemment, on ne vous laisse pas faire aussi facilement : de nombreux ennemis s’en prennent à votre auguste personne, du mafieux stylé au traditionnel zombie, en passant par les chiens hargneux et les araignées relou. Pour se défendre, Michael dispose de la plus puissante de toutes les magies : la danse. Vous pouvez donc balancer des petites étincelles bleues avec vos pieds, qui propulseront vos ennemis au loin, ou encore faire un tourbillon comme un Crash Bandicoot avant la lettre. Si l’on tournicote assez longtemps, le deuxième moment fort du jeu se déroule devant nos yeux : tous les ennemis présents à l’écran se placent en rang autour de Michael et commencent à danser, synchro avec lui. Seulement voilà, c’est Michael Jackson gros, et on ne gagne jamais contre lui dans un battle de danse. Michael leur met donc leur race et les adversaires ne tardent pas à s’effondrer sur le sol avant de décéder. Evidemment, cette attaque nucléaire a un prix : elle vide la moitié de votre barre de vie, il s’agit donc de l’utiliser à bon escient. Car si votre barre de santé plonge dans le rouge, c’est la grosse galère après : Michael n’a plus aucun pouvoir magique et doit se défendre comme un type normal avec ses petits poings. Comme Michael Jackson n’est pas non plus un modèle de force physique, il est alors promis à une mort certaine. Et oui, un Michael sans ses pouvoirs, c’est un peu comme un Captain sans sa calculette Texas Instruments : ça fait pas long feu.

Thriller.jpg GOLIMARRR §§§

Tout ceci nous pose les fondamentaux d’un beat’em all bien classique et somme toute assez linéaire. Bien sûr, les mouvements sont variés et tout, c’est même pas si laid pour 1990, c’est super-fluide et y’a un gros boulot d’animation sachant que c’est l’un des premiers jeux de la Megadrive, on peut même faire un moonwalk (rigoureusement inutile), mais Dieu que c’est monotone... Les niveaux sont les mêmes salles sur trois ou quatre étages, avec des ennemis et un design qui changent en fonction de l’environnement (caverne, base militaire, cimetière…) La difficulté est augmentée par la présence d’ennemis supplémentaires, qui apprennent parfois un nouveau mouvement pour varier un peu. A la fin de chaque niveau (15 fois), Mr. Big vient vous narguer en vous riant au nez et en prononçant la même phrase avec une bulle de BD mal faite, après quoi déboule un déluge d’ennemis qui tient parfois du bataillon gigantesque à la This Is Sparta. C’est parfois sacrément dur, sachant que la smart bomb de la « danse fatale » ne les tue pas toujours en un coup. Alors, quand dix zombies sautent dans tous les sens et se séparent en deux pour faire voler la moitié supérieure de leur corps qui vous lâche des organes sur le coin de la tronche, ça finit par les briser menu. C’est bien simple : je n’ai pu terminer le jeu (car je suis allé au bout du délire pour cet article) qu’en faisant le truc de raccroc suprême : enregistrer ma position avec le logiciel d’émulation tous les trois mètres. Et même malgré ça, j’en ai chié des bulles.

Haha.jpg Notez comme il craint le regard de Michael : il préfère s’esclaffer de profil. Monsieur Linglin ?

Il n’y a bien que la fin du jeu pour briser la monotonie du soft, où l’on bascule dans un grand n’importe quoi. A la fin du dernier niveau, une trentaine de types en scaphandre déboulent pour tenter de trucider Michael une énième fois lorsque soudain, une étoile filante tombe du ciel et métamorphose notre héros en un mécha bwqd qui peut tirer des lasers dans tous les sens et balancer des grenades dans la face de ses ennemis. Vous allez sans doute voir ça d’un œil plutôt perplexe et vous demander ce qu’une transformation en robot guerrier a à voir avec l’œuvre musicale de Michael Jackson, mais putain on s’en branle, que ça fait du bien. Un grand moment de plaisir après avoir essuyé des tirs de lasers et des offensives mortelles pendant quinze niveaux.

Desolation.jpg Destruction ! ... Désolation !

Mais, attendez, le meilleur arrive après. Une fois les derniers zigues anéantis, un écran de texte à la « Lame Video Game Ending » vous explique que tous les méchants ont été massacrés et que les enfants sont maintenant en sécurité. Cependant, il reste… Tatatiiin… L’AFFRONTEMENT AVEC MR. BIG ! L’enfoiré s’est tiré dans l’espace. Ni une, ni deux, Michael décide de se changer en voiture spatiale et de régler son compte au mafieux, qui devait tout de même avoir un putain de réseau pour se payer une armada de vaisseaux spatiaux dernier cri. La phase de shoot est carrément culte : on se fait d’abord ruiner la gueule par la cinquantaine de vaisseaux qui foncent sur votre pomme, ou plutôt sur votre cockpit, avant de comprendre qu’il y a un radar à droite qui indique la position du boss. On canarde alors un peu partout en priant pour que les tirs atteignent Mr. Big pendant que ce dernier vous spamme votre écran central à base de petits commentaires bien énervants de Méchant stéréotypé du type « Une petite surprise pour toi, hin hin hin ». Evidemment, le tout est complètement risible, on n’arrive pas du tout à détecter l’impression de mouvement spatial et on dirait plutôt qu’on joue à Centipede sur un timbre-poste. M’enfin bien sûr, Michael est un bogoss et il finit toujours par triompher sur ses adversaires : après quatre ou cinq tirs réussis, Mr. Big explose dans le firmament dans un « Noooo » jubilatoire. Un simple « Congratulations » s’affiche et rideau sur les aventures de Michael Jackson au pays du n’importe nawak commercial.

Noooo.jpg Quand il se transforme en voiture, Michael klaxonne. Hahahahahaha.

Définitivement, le gros plus du jeu réside en sa bande-son : ça a tout de même infiniment plus de style de parcourir des niveaux avec Beat It ou Thriller, même synthétisé cheapement en fond musical qu’un énième Pépépépeupeupé Marioïque. On ne sait pas combien d’argent a nécessité le fait d’avoir le roi de la pop et ses tubes dans le jeu, mais on devine que ça a dû coûter très très très cher à Sega. Gros plus donc pour ces ziks, encore que la version de Bad qui revient systématiquement dans les derniers niveaux maxi-durs commence maintenant à me sortir par les oreilles. Gros moins cependant pour ce paquet sonore, les cris de taffiole de Michael qui accompagnent chaque attaque ou chaque perte de points de vie. Alors oui, un petit Woo suraigu c’est marrant à petite dose dans une chanson, mais je ne pense pas que ce soit très agréable d’avoir l’impression de jouer à une simulation de Laurent Ruquier pendant deux heures.

Woo.jpg Entre les niveaux, Michael pousse occasionnellement un petit Woo des familles. C’est pas mal… J’pense.

Voilà, on a à peu près fait le tour de MJM. Le jeu a eu du succès, mine de rien. Un bon trip solo, assez glauque, un peu casse-couilles par moments, mais qui garantit une bonne rigolade express à qui veut dédramatiser la mort de la plus grande star du monde pour quelques minutes. :’( M’enfin, ne rêvez pas, ça reste un bon gros nanar ludonumérique bancal à souhait. Un magazine américain avait classé Michael Jackson’s Moonwalker comme la huitième plus mauvaise idée de jeu vidéo à licence dans l’histoire de l’humanité. Je me demande surtout qui sont les sept premiers. Des idées ? Hee-hee !

jeudi 28 mai 2009

Another Frenchman

La fin de ce semestre est sans doute l’une des périodes les plus éprouvantes de ma scolarité à Pipo. Rendre des « papers » de dix pages écrits sans conviction en anglais maladroit sur des sujets évasifs, préparer des partiels casse-gueule en se repassant des e-cours frustrants où le même concept est répété vingt fois, réaliser les travaux absurdes mais néanmoins culottés de la cultissime conférence de « Vie De l’Entreprise » qui est sans doute le cours le plus caduc et cynique que j’ai pu suivre à Saint-Machiavel (« éééé mon cours est une vaste blague qui ne repose sur aucune science précise, qui est l’œuvre du complexe d’infériorité du directeur face aux écoles de commerce, il n’a pas de forme, pas de structure, on ne vous apprend rien, néanmoins je me permets de saquer mes élèves avec des critères d’évaluation dont la stupidité rappelle la période des cours de techno de quatrième que vous espériez ne plus jamais retrouver »)… Ce sont quelques-unes des tâches qui m’incombent en cet interminable mois de mai qui d’ailleurs, malgré les deux jours de canicule du week-end dernier, a la gueule des dizaines de mois PNJ qui l’ont précédé, avec ce ciel glaireux insipide qui va si mal à la France mais qui sied si bien au Royaume-Uni.

Et donc aujourd’hui, je passais un examen fantoche d’anglais où pendant une heure, je devais commenter un article lambda paru dans la presse. C’était chiant mais je l’ai fait avec bon cœur, en l’honneur de notre bon vieil enseignement de langues condamné à disparaître par la réforme assassine du directeur de Sciences Po. Ouais, je vous avais pas dit, mais maintenant, le truc qui est super-in dans cette maison c’est d’imiter tout ce que fait Harvard, histoire de se donner un charisme. Alors, vous allez être très étonnés d’apprendre que maintenant, on peut très bien passer d’un niveau zéro à celui de doctorant dans une langue étrangère en suivant des cours facultatifs sans aucune évaluation, sans structure et sans contenu de culture ou de civilisation. L’objectif-choc, ici, c’est de rendre le prof de langue inutile et de le remplacer par des règles de grammaire online. Enfin, si, le prof est toujours là, mais en fait, il assiste passivement à une discussion d’une heure sur du néant total que les élèves sont supposés effectuer chaque semaine. Ouais, en fait, tu peux mettre un appariteur ou celui qui recharge tous les jours le distributeur de chips de marque France Chips à la place, c’est pareil. A vrai dire, c’est même mieux : il ne viendra pas se plaindre de ces foutaises de projet pédagogique ou d’excellence de l’établissement à respecter. UNEF, UNI, Nouvelle Donne, SUD Etudiant mes fesses : les syndicats ont tous accepté ce truc sans prendre conscience de ce qu’il y avait à l’intérieur, c’est-à-dire une coupe de budget phénoménale. Ils ont été blousés et ne veulent pas l’admettre : les responsables avec qui j’ai parlé évitent le sujet, ne sont pas au courant, bredouillent trois mots tandis que la réforme passe toutes les étapes de l’application à une vitesse phénoménale, presque de manière souterraine. L’UNEF tente de faire entendre sa petite voix, mais c’est déjà trop tard. Cet empressement de la direction de Sciences Po, ça rappelle un peu un autre gouvernement ça, un peu plus étendu, influent et national celui-ci par contre. De toute façon, c’est tout pareil maintenant : il se murmure que Richard Descoings est dans les petits papiers du Président pour prendre la relève de Xavier Darcos à la tête du Ministère de l’Education. Impressionnant, non ? Ben moi j’aurais peur à votre place.

Grosse digression, là. Revenons à ce petit test d’anglais : on avait le choix entre deux articles à commenter. Issus du Time Magazine, la revue américaine d’actualité, certes réputée, mais qui avait entre autres grandement participé à la propagande aux relents francophobes de la guerre en Irak (big up, nous Français, on se souviendra longtemps de comment on avait été roulés dans la merde à l’époque), ces articles présentaient la vie et l’œuvre de 1°) Sarah Palin, 2°) Nicolas Sarkozy. Je sais pas vous, mais moi, l’omniprésence de Sarkozy a commencé à me gaver dès l’année 2002, alors, je cherchais à me rabattre sur Palin, histoire de me marrer un peu… Cependant, il a suffi que mon regard effleure la première ligne de l’article sur Mr S. pour que je sois scotché par l’incroyable cirage de pompes à l’attention de notre Président.

Here it is : http://www.time.com/time/specials/packages/article/0,28804,1894410_1893847_1893844,00.html

Je m’empare de la feuille et commence à lire en tiquant toutes les trois phrases.

"What made me who I am now is the sum of all the humiliations suffered during childhood." Of all the statements by French President Nicolas Sarkozy, this is the most compelling. It's why he doesn't accept victimization as an excuse for failure, criminality or self-pity.

La larme à l’œil, l’auteur de l’article décrit Sarkozy comme un enfant brimé et traumatisé, qui a néanmoins réussi à s’extirper de cette mouise sociale pour arriver là où il en est. Alors, hein, bon, je ne sais pas ce que Sarkozy a pu vivre en milieu scolaire, mais ça doit pas tellement aller plus loin que des brimades chiantes, style jeunesse de HP en primaire quoi. Parce qu’il n’est un secret pour personne que Sarkozy a au contraire vécu une jeunesse dorée à Neuilly, fils d’une famille d’aristos, suivant ses cours dans les meilleurs collèges privés du neuf-deux. J’ai beau chercher des humiliations, je n’en trouve pas… Et pourtant, il aurait bien mérité une petite mise au point : à treize ans, le Petit Nicolas était déjà sur le pont pour lutter contre les pouilleux soixante-huitards. Sa mère avait même dû appeler le directeur de son école pour le surveiller, histoire qu’il ne sèche pas les cours pour aller avec les autres vieux schnocks hurler son amour pour le Grand Charles. Quand je vous dis que les consultants de Sarkozy se sont donné un mal de chien pour lui donner une image funky…

As France's Minister of the Interior, Sarkozy empowered immigrant women.

Faut pas pousser Mamadou dans les charters non plus.

Sarkozy said, "Every time a woman is martyred in the world, that woman should be recognized as a French citizen, and France will stand at her side."

Ah ? Merci de nous donner des munitions avec des exemples de promesses non tenues… Mesdames et messieurs, nous avons ici la seule personne de la planète qui considère les discours de campagne électorale comme révélateurs des idéaux et de la personnalité profonde d’un candidat. Elle est cool, la banque de données de Sarkozy pendant sa campagne de 2002 à 2007, il a dit tout et son contraire, donc tout le monde est content, y’a à boire et à manger dedans. Il est très fort de construire son argumentaire pro-Sarkozy autour de déclarations grandiloquentes sans jamais aborder les actes, c’est pourtant ce que fait l’auteur de cette ode avec un certain talent. Brandissant la figure de Rama Yade, l’auteur se décharge de toute contestation, comme un justificatif pour continuer à passer de la pommade. Mais tout ceci ne serait que de la gentille naïveté si on ne commençait pas à tomber dans les élans ridicules de la suite…

When his wife abandoned him after his presidential victory, he accepted it, found the most beautiful woman in France and married her.

Ca c’est très très fort. Vous croyiez qu’il n’y avait que les beaufs qui s’extasiaient devant le mariage Sarkozy-Bruni ? Vous croyiez que les conneries des Guignols étaient grandement exagérées ? Ben non. C’est bien tout ce qu’il faut à une certaine quantité de journalistes, et, n’ayons pas peur de le dire, à la totalité du corps journaleux américain, espagnol, britannique… Il existe bien des gens qui considèrent le mariage de Nico à Miss Asthmatique comme un argument fondamental de compétence politique, tout en se sentant tellement bien en pauvres « sujets » dominés par le nouveau modèle aristocratique du pipole Sarkozy qu’ils n’hésitent pas à clamer que Carla Bruni est leur « reine », supérieure en tous points. Je veux bien que ce soit pour se marrer, mais lui, il prend pas ça à la rigolade… Il s’y croit à mort !« Les Français adorent quand je suis dans le carrosse avec Carla », nous a-t-il dit y’a pas longtemps. C’est ça que vous voulez ? Un Président qui vous méprise en se foutant jovialement de votre gueule ? M’enfin, depuis les « veaux » du Plus Grand Français De Tous Les Temps, on est habitués à l’humiliation permanente. Et maintenant, faut même essuyer les vannes des Américains. C’est un monde.

This man finds himself in power at a time of dramatic change, when the world might be pushed at any moment into a nuclear disaster by a rogue regime like Iran's or by the fatal anarchy of Pakistan. Sarkozy has always been open about his pro-U.S. sentiment; given his power and political skills, he could be America's best ally in Europe.

Mais qui revoilà ? Le sentiment de victimisation perpétuelle américano-américain ! Cette chère désinformation qui nous a fait sentir coupables de s’opposer à la Guerre en Irak en 2003, courbant l’échine dans la peur de recevoir les coups diplomatiques les plus idiots (et ils se sont en effet produits : « ééééé on verse le vin français dans des égouts ! »). Excusez-moi pour cette fixette sur l’Irak, mais nous devons être plus que vigilants. Obama n’a pas toutes les cartes en main pour faire disparaître le French Bashing primaire qui a fait bien plus de mal aux relations franco-américaines que n’importe quel discours pacifiste de Villepin ou critique culinaire de Jean-Pierre Coffe. Voilà la preuve : cette malheureuse expression de « best ally in Europe », comme si l’Union Européenne n’était pas un allié naturel des Etats-Unis. Vieilles théories réalistes des relations internationales qui puent la période bipolaire. Maintenant, il faut des alliés même dans les organisations amies. Il ne vient même pas à l’esprit de l’auteur d’envisager l’Europe comme un tout, avec un front commun, comme une véritable organisation qui roule… Non ! Division ! Rapports de force ! Léviathan ! Grrr grr ! Ca c’est de la théorie internationale sévèrement burnée, au moins ! La dernière phrase, elle, conclut l’article sur un feu d’artifice de rhétorique enflammée (ou pas) :

Can Sarkozy be Europe's Churchill, or is he just another Frenchman with a dramatic childhood?

No comment. Enfin si, peut-être deux, dans le style nolife : - Bien le Point Godwin Light ? - Bien le dédain des Français qui transparaît dans la deuxième partie de la phrase ?

J’me suis bien éclaté à commenter ce texte. J’ai mis peu ou prou la même chose qu’ici. Le problème, c’est que du coup, j’ai dû écrire le tout dans un anglais déplorable. Ca m’apprendra à jamais m’insurger quand il faut.

Pour sa défense, et après une rapide recherche, je tiens à dire que l’auteur de cet article est Ayaan Hirsi Ali, une femme politique somalienne et néerlandaise, maintenant de facto américaine, qui a vécu une enfance pour le coup très difficile, et quand je dis difficile, c’est misère, pauvreté, école coranique et excision. C’est autre chose que les humiliations fantômes de notre martyr présidentiel. Par pitié Madame, ne prenez pas en compassion un homme qui n’a pas vécu le milliardième de ce que vous avez subi, c’est inutile, il va très bien, merci pour lui. Maintenant, vous pourrez peut-être faire un travail de journalisme honnête la prochaine fois.

lundi 18 mai 2009

La playlist quasi-définitive de Chialons Joyeusement !

Voilà, ce soir, au lieu de travailler, j'ai composé deux mélodies uber-accrocheuses et récupéré une dernière (qui est ma toute première composition guitaristique ! Elle doit dater de l'automne dernier !). Je vous enregistrerai tout ça pendant la semaine ou un peu après. Les titres mystérieux sont donc à découvrir très bientôt. Voici donc le compte final : 12 morceaux, on y est. Ne vous fiez pas aux titres, Roy Corrigan est un Tube de l'Eté.

1°) Mr. Breucker's Philosopher Band

2°) Comme dans une pub de chicorée

3°) Like a litany

4°) Viens prendre ta baffe

5°) Roy Corrigan

6°) Relégable à vie

7°) Huguette

8°) Soirée de

9°) Stereotype

10°) Intermède metal parodique/C'est Impossible de Water/Collaboration waterienne ou chozalienne

11°) Goodbye Scarlet

12°) Choucroute Story

Z'allez voir.

jeudi 7 mai 2009

Hadopi et TF1 : Quand la France devient l'Italie

« Le tex-te est rejet-té. » « WAAHHHAAOOUUAAAIIIS §§§ »

Cette délicieuse sentence, c’était il y a quelques semaines, lorsque Christine Albanel recevait une sévère gifle à l’Assemblée, délaissée par ses députés glandeurs en week-end de Pâques et assaillie par une flopée de parlementaires-ninjas littéralement sortis de derrière les fagots. La loi Hadopi, mettant en place une autorité administrative opaque et absconse en capacité de sanctionner n’importe quel internaute innocent sans aucun recours judiciaire, n’était cependant pas occise. Pansement foireux de l’industrie du disque mais néanmoins condition inébranlable de la présence d’Albanel au Ministère de la Culture, la créature se meut encore et, clopin-clopant, le bidule va signer son grand retour ce mois-ci à l’Assemblée et va connaître son sort final, dans un suspense insoutenable qui aura eu le mérite de faire s’intéresser les Paw… Geeks à la politique.

Enième retournement de situation, le concours inattendu d’un nombre incalculable d’artistes de gauche (quatre en tout), en émoi devant le comportement du Parti Socialiste à l’égard de la loi, a récemment secoué la blogosphère. On se souvient tous de la fameuse pétition pro-Hadopi qui avait mobilisé des dieux vivants de la chanson comme le phénoménal Renan « Papapapayapapapa » Luce et l’intarissable Christophe « Danonino » Maé. Aux côtés de ces monuments de la chanson française aux compositions orgasmiques, on pouvait voir les noms d’artistes totalement inconnus et même des pseudonymes étranges qui rappelaient des personnages de roman. Sans doute la vieille manie de notre bonne droite nationale de mobiliser des électeurs fictifs pour arriver à ses fins. « Oh, bouh, c’est facile de sortir les vieux dossiers, d’ailleurs Mitterr… » D’accord, d’accord, c’est du trollage. Ils ont changé de nom, ils ont les mains propres maintenant, mais la RPRite est une maladie à rechutes... Mais revenons à ce quarteron de has-beens en retraite. Vous serez sans doute bouleversés d’apprendre que Pierre « Plus Plus » Arditi, Juliette « Fifties » Gréco, Maxime « Mon Frère » Le Forestier et Michel Piccoli (pas drôle, c’est dur de le vanner lui) ont envoyé une lettre ouverte à la gauche pour exprimer leur déception à base de « Vous avez perdu votre âme », « Vous êtes les avocats du capitalisme débridé », « Le major m’a dit que c’est pas bien ce que vous faites » (halala, je trolle encore)… Frédéric « Internet fait exploser des bombes sales dans votre salon » Lefebvre s’est empressé de brandir la lettre à la tronche de la gauche avec un Ha-ha nelsonien, histoire de voir les socialistes se répandre en excuses ou disparaître en fondant comme des méchants de dessin animé. Sérieux coup, hein ? On est tous foutus, hein ? Pfa.

Monsieur Sarkozy, qui prend tant de plaisir à instrumentaliser l’Europe pour se jeter des fleurs, sera ravi d’apprendre que l’Union Européenne, mais aussi le Conseil Constitutionnel l’attendent au tournant, et projettent de rendre des textes débiles comme la loi Hadopi nuls et non avenus en vertu des libertés individuelles et de la présomption d’innocence, qui sont, me semble-t-il, des principes bien plus élevés que la rémunération d’un oligopole du disque poussiéreux qui ne génère plus que des MmmhBelle Demoiselle et des Papillons de Lumière. C’est déjà fait en partie d’ailleurs : je viens d’apprendre qu’une décision de l’UE a interdit la « riposte graduée », coupure de l’accès à Internet sans décision de justice. De plus, il y a bien sûr des millions de citoyens, d’internautes, d’artistes, de politiciens, d’économistes qui voient la loi Hadopi comme elle est, c’est-à-dire un canevas dément de violations du droit naturel, un dispositif inadapté qui vise surtout à protéger les fameux majors/titans inexpressifs aux visages de Pascal Nègre, alors que les véritables artistes ont déjà trouvé d’autres moyens de financement durables et crédibles, comme la multiplication des concerts, d’autant plus que la vente de CD et de DVD trouve toujours un public. Mais arrêtons d’énumérer l’infinité d’arguments contre ce projet de loi, nous les avons déjà lus partout, y compris dans les excellents articles de bloggeurs pawas comme RM ou Chozo.

Le truc qui m’a scandalisé, c’est l’histoire de cet employé de TF1, Jérôme Bourreau-Guggenheim, qui a commis le crime de simplement exprimer son opinion anti-Hadopi dans un mail PRIVE envoyé à la députée UMP du XVIIème, Françoise de Panafieu. Voici le lien, je n'arrive pas à le soulignébleuïser.

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/05/07/etre-anti-hadopi-lui-coute-son-poste-a-tf1_1189867_651865.html

Dans un mail gentillet et absolument anodin comme des milliers de citoyens en envoient à leurs représentants politiques tous les jours, il essaie de convaincre la députée de l’hérésie que représente Hadopi, convaincu qu’il faut « agir » contre cette loi. Allez savoir pourquoi (mais n’allez pas chercher très loin), il est convoqué quelques jours plus tard dans le bureau de son patron Arnaud Bosom, le chef du secteur numérique-informatique de TF1, pour s’entendre dire qu’il est licencié. Oui, oui, il est viré. Il assiste donc ébahi à la lecture de son mail personnel MOT A MOT par Bosom, qui conclut par une sentence complètement absurde : Jérôme Bourreau-Guggenheim est licencié pour « divergence forte avec la stratégie » de la chaîne, car selon la Une, la loi Hadopi est un « enjeu fort » pour eux. WHAT… THE… FUCK ?

Décomposons les aspects du scandale : 1°) Notre pauvre homme est licencié d’une chaîne privée pour l’expression d’une opinion contre une loi publique. T’es contre Sarko, t’as oublié qu’ici c’était Sarko TV, t’es viré. Le licenciement est salement abusif. 2°) Mais, SURTOUT, il y a une violation gravissime du secret de la correspondance privée ! COMMENT un mail PRIVE envoyé à une DEPUTEE a-t-il pu tomber dans les pattes d’un BOSS DE TF1 ?

Vous l’aurez compris, ça montre bien que nous sommes dans la même situation que l’Italie, avec Berlusconi et son empire médiatique. C’est strictement pareil ! Le mélange des genres est total. Envoyez une lettre au gouvernement, au Président, à un député UMP ou à TF1, elle arrivera au même endroit, dans une espèce de grand bureau commun, comme si la Une faisait maintenant partie intégrante du gouvernement français. Mais de quel droit TF1 doit-il s’immiscer dans les affaires POLITIQUES ? Comment cette chaîne peut-elle avoir un droit de regard sur la correspondance du gouvernement afin d’étendre son contrôle sur ses employés et ses téléspectateurs, dont, rappelons-le, elle dit vendre le cerveau à Coca-Cola ? La France n’est pas dirigée par un gouvernement élu, elle l’est par un complexe Sarko-Amis de Sarko-TF1 aberrant qui fait froid dans le dos. Le plus dingue, c’est de se demander ce qui a pu passer par la tête de Bosom pour penser virer son employé de cette manière sans que ceci n’occasionne aucun remous.

Panafieu dit avoir transmis le mail au Ministère de la Culture, car les arguments développés à l’intérieur étaient intéressants. Si elle dit vrai, l’action peut être compréhensible même si elle aurait dû demander l’autorisation à notre homme. Le Ministère de la Culture, « extrêmement surpris » ne comprend pas comment TF1 a pu entrer en possession du mail. Ben écoutez, les gars, les faits sont là. Soit vous êtes complètement hypocrites, soit il y a parmi vous un petit malin qui a cru bien se faire voir par ses amis de la Une en leur refilant le mail, espérant je-ne-sais-quoi en retour. « Attention, regarde un peu dans ton secteur, il y a des types subversifs, regarde ce que ce bouffon nous a envoyés en croyant ne s’adresser qu’à nous. Ils sont bien cons ces citoyens. »

Tout ce qu’il y a à dire, c’est que l’affaire est dramatique et remet totalement en jeu la légitimité et l’intégrité du gouvernement et la « déontologie » de TF1. Les jours passent et en grattant le papier peint moisi d’Hadopi, on découvre des procédés toujours plus crasseux et des intentions toujours plus nauséabondes. Rappelez-vous, l’étrange « mouchard » proposé par Albanel pour permettre d’être blanchi de toute accusation de téléchargement sauvage… On a cette désagréable impression d’une loi à tiroirs dont on ne connaît pas la teneur, d’un truc glauque et sombre tout corrompu à peine dissimulé, et c’est diablement inquiétant quand on sait qu’il reste encore trois ans à ce régime, à glisser des bombes à merde clientélistes au milieu d’autres lois légitimes et importantes (car l’UMP en propose, quand même) relatives à la crise et à de réelles urgences économiques capitales. Et les députés de la droite ne sont pas dupes, eux aussi sentent le truc moisi derrière tout ça et se désengagent progressivement du texte dans une fronde bien sentie…

Evidemment, l’employé va se défendre et va saisir bien légitimement les prud’hommes et la Halde. Gageons que l’affaire prendra encore plus d’ampleur. C’est déjà bien parti en tant que news principale du site lemonde.fr et news à sensation de Libé.

Hadopi, autodestruction programmée dans quelques semaines tout au plus. La démocratie finit toujours par gagner, si on le veut bien.

mardi 28 avril 2009

Peut-on saturer une guitare sèche ?

La réponse est oui. C'est carrément dégueulasse, cradingue, immonde, lo-fi, mais en plissant les oreilles on dirait une mauvaise guitare électrique... 'Fin j'pense.

...

Non ? Bon.

"Morceau"-test, assez répétitif et franchement repoussant mais je pense que le riff est pas mauvais... 'Fin j'pense.

Pour éviter la redondance, vous pouvez passer l'intro à rallonge jusqu'à la quarantième seconde et ignorer le passage tecktoboîte de la fin, qui est en fait une autre séquence d'accords accélérée. Tout ce qui est dans ce morceau est de l'acoustique trafiqué avec saturation et accélération, pas d'ajouts électroniques.

Si un petit saignement s'écoule de vos trompes d'Eustache, c'est normal.

jeudi 23 avril 2009

Goodbye Scarleeeheheeet !

La maquette d'une des chansons probables du prochain album Chialons Joyeusement. laché vo critik lolol <3

mercredi 22 avril 2009

Review : OSS 117 : Rio ne répond plus

Il y a deux semaines, je suis allé voir Coco avec deux sœurettes pour le nom de Gad Elmaleh sur l’affiche. Nous en sommes sortis gênés et désappointés, ayant assisté à la dégradation de l’icône nationale de l’humour francophone des années 2000, qui m’avait jadis assassiné pendant des heures devant mes écrans de télé et de PC à coups de crises de rire muet, au cours d’un film poussif et sans saveur présentant un Coco basique aux ficelles prévisibles et un Gad Elmaleh gesticulant et surexploitant les manières extravagantes de l’archétype du feuj frimeur dans l’espoir de déclencher un fou rire. Apparemment suffisant pour beaucoup : le film caracole en tête du box-office français et se permet même de rafraîchir sa bande-annonce à base de micros-trottoirs présentant des spectateurs soufflés par l’effet Gad, citant les répliques censées être cultes du film. « Gad, tu nous as éclatés ! » « Mon fils je veux qu’il vole ! Qu’il veu-hole ! ». Non. La seule chose qu’il vole, c’est 10 € 20 si on a été assez inconscient pour aller voir ce truc hors du Printemps du Cinéma.

Tout à l’heure, j’ai vu OSS 117 : Rio ne répond plus. Y’a toujours un gros nom sur l’affiche, mais ça n’a rien à voir. Jean Dujardin s’est depuis longtemps taillé un nom dans le métier, et le premier OSS, mis à part quelques longueurs dans le rythme, avait vraiment creusé une piste sympathique dans l’univers de la parodie.

Mais les gens. Nos films doivent ressembler à ça. C’EST CA QUE JE VEUX VOIR ! Vous pouvez mettre Brice de Nice sur le tapis (bien que tout ne soit pas à jeter dans ce film), Dujardin est quand même un type génial. J’ai crevé de rire de bout en bout. Le réalisateur, Michel Hazanavicius, honneur à lui, a exactement compris comment mitonner une parodie de film d’espionnage parfaite, subtilement dosée et surprenante. Pourtant, on sait ô combien il est facile de se moquer des films d’action et d’espionnage, on ne compte pas les pastiches plus ou moins drôles bourrés de vannes plus ou moins éventées qui sont passés à la trappe (« On va faire une parodie de James Bond hahaha kikoo lol c’est original, tro drole et subversif <3 »), des bandes dessinées d’un Tony de collège aux longs-métrages de Toussurlesjeux. La force du film est son humour trippesque bien huilé, qui se contente parfois d’une simple expression de teub de Dujardin pour faire se marrer la salle entière, ou d’un rire de neuneu pitoyable. Toutes les ficelles des vieux films d’action mal faits et incohérents sont là, comme les explosions de pétards en cascade qui tentent de se faire passer pour des impacts de balle, l’agitation de mains aléatoire sur un volant qui tente de se faire passer pour une conduite de voiture, la survie à un crash d’avion et à une chute de cinquante mètres sur des rochers saillants. Le plus fort, c’est que le film ne se prend jamais les pieds dans sa parodie : voyant le déroulement de l’action, je pressentais souvent quelques gags « bien sentis »… Qui n’arrivaient jamais. Comme si le scénariste avait dépassé le stade du gag gratuit remplisseur de script pour te chuchoter à l’oreille « Attends, tu pensais que j’allais faire un truc aussi kikoolol ? Baisse les yeux maintenant. ». Aucun gag ne tombe à plat, c’est un perfect shot remarquable que je n’avais pas vu depuis le premier Men In Black. Comme tout délire réussi, cet OSS 117 cumule tous les types d’humour, avec des dialogues nerveux, un racisme/antisémitisme/machisme de l’agent Hubert toujours aussi prononcé, du simple comique visuel débile, quelques vannes politiques savoureuses et un comique de répétition hilarant mais néanmoins honteux à base de Chinois vengeurs en quête de revanche face aux morts répétées des innombrables membres de leur fratrie.

Chinois, Français, Arabes, Noirs, Américains, Juifs, Musulmans, femmes, hippies, tout le monde en prend plein la gueule dans celle intarissable d’OSS, qui se retrouve perdu en 1967, dix ans après les péripéties du premier épisode, en plein Summer Of Love, au milieu de chevelus pacifistes et expérimente malgré lui le LSD et son homosexualité refoulée. OSS est dépassé par le simple fait de travailler avec une femme, juive de surcroît, à la recherche d’un criminel nazi. « Mais vous allez sérieusement vous infiltrer chez les nazis ? Je sais pas, en tant que Juifs, ça se voit… Enfin, l’apparence physiq… Non ? ». « C’est bien gentil votre religion, mais c’est un peu Jacadi a dit pas manger de saucisses, et cætera… ». Dujardin est dans son élément, enchaîne les gueules ringardes de bogoss beauf et emballe toutes les filles faciles à sa disposition tout en se ridiculisant en permanence. Ses faiblesses : hormis la suffisance et le racisme viral, l’ignorance totale des langues étrangères l’amène à se laisser passivement insulter en anglais par son confrère américain, et le traumatisme d’un fatal accident de trapèze lui donne une peur incontrôlable du vertige sous forme de flashbacks dramatiques.

Visuellement, le film réussit tout à fait son exercice de style : il ressemble typiquement à ces films prétentieux des années 60, avec ce grain d’image d’époque et cette bande-son adéquate. Chaque scène a été spatialement pensée et repensée pour dégager bien tout le caractère burlesque. C’est bien filmé, c’est bien pensé. Les autres acteurs valent le détour : hormis l’agréable surprise de voir ce brave Pierre Bellemare en patron, les nazis sont toujours aussi inintéressants avec leur humour de prof de physique insipide et l’assistante d’Hubert, espionne du Mossad, joue à merveille son rôle de femme indépendante des années 70 offusquée des principes moisis d’OSS.

Il serait criminel de décharger le caractère comique des vannes et répliques cultes du film en les énumérant ici. Tout ce que je vous conseille, c’est d’aller voir ce putain de film, qui va tout simplement à fond dans ce qui a été ouvert dans le premier épisode, si vous voulez ressortir de la salle avec la même douleur aux zygomatiques qu’après Les Simpson Le Film. L’ambiance potache du film est celle qui baigne les plus grands trips : OSS 117 est ce beauf prétentieux et cabot terriblement actuel, qui rappelle le jeune Chirac propret de la période gaulliste, le film est ce déversoir à humour noir qui se contrefout du politiquement correct puisque tous les propos honteux sortent de la bouche d'un héros bien plus caricatural, et bien franchouillard pour le coup. Alors, je ne sais pas si Dujardin tiendra cinq OSS avec cette recette, mais tout ce qu’on peut dire pour l’instant c’est que ça marche et qu’on en a pour son argent.

« Son père était nazi. » « Oui, exactement ! Je suis Allemand, mais je ne suis pas mon père, je déteste mon père, je sais que c’est un salaud ! »
**TART** « TU PARLES PAS SUR TON PERE COMME CA ! ON SE SERAIT PAS PERMIS CA A MON EPOQUE ! » « C’est un nazi ! » « MAIS C’EST SON PERE BORDEL ! »

"J'aime ce qui se passe."


**Avec sa conquête féminine chinoise, au milieu de cadavres ensanglantés de ses courtisanes après une fusillade avec des Chinois communistes** « Et bien, on a failli frôler la catastrophe hahaha ^^D »


« Pourtant le Général a bien dit que la France entière avait résisté à l’occupation et au joug nazi ! » « Oui, oui. » … « Oui. » … « Il a dit ça. »


« Hitler… Je déteste ce type. »


« ATTENTION UN CROCODILE §§§ »
**Pan**
**Plan sur une carcasse sanguinolente de crocodile flottant sur le dos**


« Nan, je ne pense pas que vous soyez antisémite, vous êtes juste un peu brusque et faites juste des erreurs d’appréciation… » « Ouais, euh, OUAIS ! Voilà ! On est bien d’accord… Je me doutais bien que vous aviez une part de responsabilité dans votre réputation ! »

Un réel plaisir. Approuvé.

lundi 20 avril 2009

So what ?

Bonsoir à toutes et à tous, nous sommes le mardi 21 avril, il est environ minuit, et il y a une dizaine de minutes, j'ai trouvé cet adorable blog devant la porte de mon appart' du XIVème, bordé dans un couffin bleu avec une lettre punaisée sur l'anse. On me demandait d'en prendre bien soin, de le chérir et de le nourrir fréquemment, afin qu'il puisse grandir et s'épanouir jusqu'à ce qu'il me traite de vieux con quand sa voix aura mué et qu'il réclamera une mini-moto.

Paternité difficile à assumer pour moi. Je me rappelle qu'à 9 ans, j'avais un petit cactus de bureau que j'avais prénommé Tom et que j'avais laissé honteusement dépérir pour retrouver une espèce de chips à épines déshydratée quelques mois plus tard derrière les boîtes de Crash Bandicroute et la collection de Jo-Jo's (un des vestiges inestimables de la décennie la plus erratique des temps modernes, les années 1990).

Moi, je suis un grand sensible, et tandis que ma raison me hurlait que la tenue d'un blog était un aspirateur de temps libre et démontrait que de temps à autre, j'avais réellement rien à foutre, mon coeur me montra la voie à suivre: choyer ce blog, du moins les premières semaines, pour le confier à la DDASS s'il s'avère que je suis un père indigne.

Redite de la description : ici, vous trouverez tout et n'importe quoi : des essais, des articles, des chansons, de l'écriture automatique, et des nouvelles fraîches des grands topos de mon existence comme ma scolarité à l'Institut d'Etudes Politiques de Saint-Machiavel, l'avancement du prochain film, le prochain voyage à Londres et mes projets """musicaux""".

J'inclus une nouveauté réjouissante qui va faire rager tout le monde : à chaque nouvel article, le titre de mon blog changera. Je présume que les fans loggeront tous mes titres de blog pour me faire un super best-of quand je serai riche, puissant et célèbre une fois au pouvoir suprême.

J'ai sommeil. Bonne nuit.